Comportement et intelligence de l'orang-outan

L'orang-outan partage avec l'homme environ 97 % de son patrimoine génétique. Ses capacités cognitives, longtemps sous-estimées parce qu'il est moins démonstratif que le chimpanzé, sont aujourd'hui parmi les mieux documentées des grands singes.

Outils

Les populations de Suaq Balimbing, à Sumatra, fabriquent des bâtons pour extraire les graines des fruits de Neesia, dont les poils urticants découragent les autres animaux, et d'autres pour prélever des insectes dans les cavités. Ces techniques ne se retrouvent pas dans les populations voisines pourtant proches génétiquement, ce qui constitue un argument fort en faveur d'une transmission culturelle et non instinctive.

Apprentissage

Le jeune observe sa mère pendant des années et reproduit ses gestes après un long délai, phénomène d'apprentissage différé bien établi chez l'espèce. Cette longue dépendance explique que les orphelins recueillis n'aient pas les compétences nécessaires à la survie et doivent les acquérir auprès de soigneurs.

Communication

Le répertoire vocal comprend une trentaine de signaux distincts, dont le long appel des mâles dominants. Des travaux ont montré que la mère peut différer un cri d'alarme de plusieurs minutes après la disparition d'un prédateur, ce qui suppose une capacité de déplacement de la référence dans le temps, longtemps tenue pour propre au langage humain.

Cognition

Les orangs-outans réussissent le test du miroir, planifient l'usage d'un outil avant de l'avoir sous les yeux, et résolvent des problèmes physiques complexes, dont le remplissage d'un tube d'eau pour faire remonter une récompense. Leur lenteur d'exécution, souvent prise pour de l'apathie, correspond en réalité à une phase d'observation prolongée avant l'action.

Statut juridique

En 2014, un tribunal argentin a reconnu à une femelle nommée Sandra, détenue au zoo de Buenos Aires, la qualité de personne non humaine titulaire de certains droits, décision qui a conduit à son transfert dans un sanctuaire en Floride. Cette affaire reste isolée mais alimente le débat sur le statut juridique des grands singes, engagé dans plusieurs pays.