Menaces sur l'orang-outan

La cause principale du déclin est simple et documentée : la disparition de la forêt de plaine, remplacée par des plantations et par l'exploitation minière. Les autres facteurs, chasse et commerce, aggravent une situation que la perte d'habitat détermine.

Déforestation

Bornéo et Sumatra ont perdu une part considérable de leur couverture forestière depuis les années soixante-dix. La forêt de plaine, exactement celle que l'orang-outan occupe, est aussi la plus accessible et la plus fertile, donc la première convertie. Les forêts de tourbe, drainées avant plantation, libèrent en outre des quantités massives de carbone et brûlent facilement.

Huile de palme

L'Indonésie et la Malaisie fournissent l'essentiel de la production mondiale. Le palmier à huile a un rendement à l'hectare très supérieur à celui des autres oléagineux, ce qui rend l'argument du boycott moins simple qu'il n'y paraît : le remplacer par du colza ou du soja demanderait plusieurs fois plus de surface. Le problème tient moins à la culture qu'à sa localisation sur des forêts primaires, et les certifications de durabilité visent ce point sans l'avoir résolu.

Incendies

Les feux allumés pour défricher deviennent incontrôlables les années de sécheresse, notamment lors des épisodes El Niño. Ceux de 1997 et de 2015 ont détruit des surfaces considérables et tué directement un grand nombre d'animaux.

Conflit et captures

Un orang-outan qui se nourrit dans une plantation est souvent abattu. Les femelles tuées laissent des jeunes qui alimentent le commerce d'animaux de compagnie, illégal mais persistant. Les centres de réhabilitation en accueillent plusieurs centaines, et le retour à la vie sauvage demande plusieurs années d'apprentissage encadré, avec des résultats inégaux.

Conservation

Les leviers efficaces sont connus : protection effective des parcs existants, restauration des corridors reliant les fragments de forêt, appui aux communautés locales pour des activités alternatives, et traçabilité des chaînes d'approvisionnement. Le parc national de Gunung Leuser, à Sumatra, et le Sebangau à Bornéo constituent les principaux refuges, avec des moyens de surveillance qui restent sans rapport avec leur superficie.