Habitat de l'orang-outan

L'orang-outan est le seul grand singe d'Asie et le plus arboricole de tous. Son habitat détermine étroitement sa biologie : la densité et la saisonnalité des fruits expliquent son mode de vie solitaire et son rythme de reproduction, le plus lent de tous les mammifères.

Forêt

Il occupe les forêts tropicales humides de plaine, jusqu'à 1 500 mètres d'altitude, et fréquente particulièrement les forêts de tourbe et les forêts riveraines, riches en arbres fruitiers. Il passe l'essentiel de son temps entre 10 et 30 mètres du sol, et se déplace par balancement d'un arbre à l'autre plutôt que par saut, sa masse le lui interdisant.

Nids

Il construit chaque soir un nid en pliant des branches en plateforme, à 15 ou 20 mètres du sol, parfois avec un toit de feuilles en cas de pluie. Un individu bâtit plus de 30 000 nids dans sa vie. Le comptage de ces nids depuis le sol ou par drone constitue la principale méthode d'estimation des populations, l'animal étant lui-même trop discret pour être recensé directement.

Régime

Le fruit compose environ 60 % de l'alimentation, complété par les feuilles, l'écorce interne, les fleurs, le miel et occasionnellement des insectes. Le durian et les figues sauvages y tiennent une place particulière. La production fruitière des forêts d'Asie du Sud-Est est très irrégulière, avec des années de fructification massive suivies de périodes de disette, ce qui impose de vastes domaines vitaux.

Vie solitaire

Contrairement aux autres grands singes, l'orang-outan vit seul. Les femelles occupent des domaines qui se recouvrent partiellement, les mâles des territoires plus vastes qu'ils signalent par un long appel audible à un kilomètre. Cette dispersion est une réponse directe à la rareté de la ressource : une troupe ne trouverait pas de quoi se nourrir sur un même arbre.

Reproduction

La femelle met bas tous les 6 à 8 ans, le plus long intervalle connu chez les mammifères. Le jeune reste avec sa mère jusqu'à 7 ou 8 ans, durée nécessaire pour apprendre à identifier plusieurs centaines d'espèces végétales et leur saison. Cette lenteur explique qu'une population décimée ne se reconstitue pas à l'échelle humaine.